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    J'ai longtemps travesti mes histoires.
    Un métier d'écho, un habillage imperceptible pour qui n'a pas l'oreille musicale.

    Des costumes fragiles, montés de toute aiguille en fil.

    Petite fille, j'apprenais déjà à broder mes songes.

    Et il m'est arrivé de parvenir à les partager.


    Mais chaque fois ces tissus improbables se sont égoïstement essoufflés sur des peaux aux senteurs aveugles.

    Et je ne savais plus. "Ai-je bien cousue?"

    J'ai bien du traverser la ville à vélo et assise sur ses genoux, me faire passer pour une nonne, voler des cafés à la crème et des cartouches d'encre, danser sur une Lola et de nombreuses fois rire en faisant l'amour, avec la plus intense de ces peaux. Je n'avais pas pensé à concevoir le patron de la fin. La fin de l'histoire.
    Cette peau costumé qui exultait déjà mes larmes à venir, celle qui a déchiré mes plus précieux vêtements, cette peau je me l'étais promis, serait la dernière des actrices.

    Mais je ne sais plus. "Ai-je déjà oublié?"

    J'ai longtemps savouré l'écume des jours, les doigts posés contre la transparence. J'ai laissé mes mots s'enrouler, se dérouler et devenir vagues.
    Des écailles ont recouvert mes paupières, des coquillages aux couleurs de mes blessures ont étreint mes lèvres jusqu'à les taire, et dès lors devenue noyée, j'ai souvent hésité, tâtonné, hésitante entre les murs de framboises, avant de retrouver doucement le fil de mes rêves.


    Je ne sais pas vraiment.

     

    Je ne sais pas car je dois être en train de m'envoler, moi le liquide que ses mélodies ont peu à peu électrifié.

     

    En train de tendre les bras et de m'envoler dans les émanations lumineuses d'une note de musique.



     

     

     

     

    Je m'envole et la berceuse du ciel, si douce, me murmure déjà depuis l'horizon des histoires de voyages. Des voyages colorés, des voyages fantastiques, des voyages comme je les ai, depuis le tout début, toujours aimé.


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    ...de là haut je suis encore plus loin je m'envolerais


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    (A la bonne ombre, il est quelle heure?)   (Absurde: je t'aime.) 


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    - "Pourquoi tu marches pieds nus dis madame?

    - J'ai mal aux pieds.

    - Mais c'est bizarre de marcher pieds nus dans la rue madame.

    - Peut-être, mais sinon j'ai mal aux pieds.

    - Oui mais c'est quand même bizarre.

    - Et alors gamin? Je marche pieds nus dans la rue si je veux. Et sinon j'ai des ampoules, et les ampoules ça me fait mal.

    - La madame elle est bizarre! La madame elle est bizarre! Papa regarde la madame bizarre!

    - Dis gamin, c'est pas l'heure d'aller prendre ton goûter ailleurs qu'au dessus de mes doigts de pieds là?"

     

    (Je me demande quand même pourquoi je m'acharne à sortir de chez moi et à contraindre mes orteils à se serrer dans la torture de mes chaussures.)


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